jeudi 27 décembre 2007

Sur les traces d'Ernesto Guevara, la suite

Il y a près de sept mois déjà, j'entreprenais un voyage qui allait durer quatre mois en Amérique du Sud, avec une thématique librement inspirée des voyages et aventures de Che Guevara. J'ai longuement parlé de mes aventures et explorations sur ce journal pendant ce voyage, qui s'est avéré trop court, comme tous les voyages...
Voici donc que j'ai maintenant une opportunité de poursuivre ces explorations thématiques avec une petite suite, qui semble être dans la parfaite logique du projet initial.
Je m'envolerai donc dans un premier temps, à la mi-janvier prochain, pour aller explorer d'autres lieux visités et habités par Ernesto Guevara, bien que quand il y soit passé, il n'était plus Ernesto, il était déjà devenu El Che.
Je vous tiendrai au courant de mes préparatifs, et de mon séjour là-bas. L'ensemble du projet de suite sera très court (un petit survol, vraiment) et devrait comprendre deux étapes (une en janvier, l'autre en février, qui reste à confirmer), mais même courts, les voyages sont toujours intéressants.
La confirmation de ce départ est une sorte de cadeau de Noël qui promet de bien débuter mon année 2008 et j'en suis très heureux, comme vous vous en doutez certainement.
À suivre...

dimanche 23 décembre 2007

Les années se suivent

Il y a une chanson que j'aime bien et qui dit que c'est 925 600 minutes. C'est un calcul approximatif, mais ça donne une idée de combien de "temps" dure un an.
Alors que l'année 2007 s'achève, je lance un regard en arrière et me dis que c'était, pour moi, une assez bonne année. Cette année a été douce avec moi, alors j'en suis reconnaissant envers la vie de m'avoir traité de la sorte. Il faut savoir reconnaître les bons moments pour en profiter au maximum et j'ai bien profité de 2007, qui m'a apporté son lot de bonheurs, grands et petits.
Une partie de ces bonheurs m'est venue grâce à divers amis (dont vous êtes peut-être si vous lisez ceci), alors merci.
Voici une petit photo-montage (cliquez dessus pour voir les détails) qui fait une sorte de sommaire de mon année 2007, et je profite de ce montage-photo pour vous souhaiter, à vous tous qui lisez ce journal, d'avoir une belle année 2008.

Je vous souhaite que la vie vous traite bien et que 2008 soit une année qui soit bonne avec vous, tout simplement.
Hugues

samedi 22 décembre 2007

La vie

Hier, pendant un diner, un des convives expliquait qu'il avait vu à la télé une émission sur la chasse, avec entre autres, un cuisinier-chasseur, qui évidemment, voyait de beaux morceaux de viandes dans l'animal convoité plutôt qu'un panache à attacher sur son pick-up.
On m'a alors demandé si j'étais chasseur.
J'ai simplement répondu que je tentais de ne jamais tuer d'être vivant. Que j'avais pour principe de respecter la vie.
Je me souviens de cette petite souris qui avait trouvé un chemin vers le vide sanitaire qui servait de sous-sol de la vieille maison quasi-centenaire que j'habitais il y a une dizaine d'année. La souris avait trouvé un sac de nourriture pour chien dans mon armoire et s'était payé un festin. J'avais pris la souris et l'avais apporté dehors, en bas de ma galerie, et l'avais libéré dans la nature du rang où j'habitais alors.
Cette attitude va plus loin; même si je ne suis pas un grand amateur d'insecte, j'essaie de ne pas tuer les insectes autour de moi. Combien d'entre vous avez déjà pris la peine de sortir une araignée de chez vous?
Je ne dis pas que ça n'arrive jamais, pour les insectes; j'ai eu des compagnes de vie et les filles, généralement, sont plus difficiles à convaincre quand on parle d'araignée dans une maison...
Je ne sais pas trop pourquoi je suis ainsi, mais la vie, il me semble que c'est beau, c'est tout.
La jungle amazonienne, la jungle du nord du Guatelama, la forêt humide du Costa Rica, les eaux de l'Atlantique et du Golfe du Mexique au sud du Quintana Roo, et les petits coins de nature comme le Stanley Park de Vancouver ou Isla del Sol, tous ces endroits seraient bien ennuyants et bien fades sans l'activité grouillante de la vie, avec toute sa variété et ses couleurs.
Cette attitude remonte à loin, quand j'y pense. J'ai toujours éprouvé une sorte de tristesse en voyant un petit animal mort au bord d'une route, j'ai toujours été attiré par les animaux en général, j'en ai presque toujours eu dans ma vie, des chiens, chats, rongeurs, oiseaux, poissons... et leur mort m'a toujours attristé. Je trouve toujours infiniment triste quand la vie s'arrête.
Du plus grand éléphant au tout petit poisson, il me semble que la vie, c'est juste beau, et qu'il est plus agréable de profiter de cette beauté plutôt que de la détruire.
La vie suit son cours de toute manière, l'éléphant et le petit poisson vont mourir, comme vous et moi, et ce peu importe ce qu'on aura fait ou pas fait de notre vie.
Alors aussi bien profiter de la vie et de sa beauté, qui n'est pas éternelle.

lundi 17 décembre 2007

Tonnerre, éclairs et neige, quelqu'un?

On dit que les québécois parlent beaucoup de météo, qu'ils sont obsédés par le temps qu'il fait et les prévisions météo...
Que voulez-vous faire dans une ville et une province ensevelie sous la neige?
De quoi voulez-vous parler d'autre que du temps qu'il fait??
Déneigement, pelletage, bus et retard, voilà les sujets de conversations courants aujourd'hui...

C'est, qu'une fois encore, une énorme bordée de neige s'est abattue sur Montréal (et tout le Québec), hier.
Personnellement, je ne me souviens pas d'avoir vu autant de neige tomber en un si court laps de temps sur Montréal.
Je n'ai pas été là chaque année, bien au contraire, mais quand même...

J'ai placé quelques photos sur Facebook, et je vous donne ici un lien privilégié (accessible même si vous n'accédez pas à Facebook normalement, hehe) vers cet album de photos.
Certaines photos recoupent celles de la (première) grosse bordée de neige de l'autre jour, les autres sont plus récentes et datent d'hier, de la nuit dernière et de ce matin.

On dit qu'il serait tombé plus de 30 cm sur Montréal.
(Hey, minute, j'en ai pelleté plus que ça dans l'entrée chez mes parents, d'où venait la différence???)
On a même eu droit au tonnerre et à des éclairs, en plein décembre!
Les éclairs que j'ai pu voir vers 23h20 hier soir étaient spectaculaires et ont créé tellement de lumière (bleutée, filtére par les nuages et la neige) que les lampadaires de rue s'éteignaient pour un moment. Impressionnant spectacle, que pour ma part, je voyais pour la première fois de ma vie.
Certains parlent de la pire tempête à frapper Montréal en 16 ans, d'autres parlent de comparaisons avec l'hiver 1966... Difficile en ce moment de mettre la patte sur les données exactes, mais je sais qu'en décembre 2005 (le 16, tiens, tiens), il était tombé 41 cm de neige... à Montréal? Je sais qu'hier, ça a été pire dans certaines régions, qui auraient reçu jusqu'à 50 cm...

L'an dernier, nous avions eu un hiver plutôt doux, il me semble. J'ai l'impression que nous avons déjà eu sur Montréal plus de neige en décembre cette année que pendant tout l'hiver dernier! (Impression certainement fausse, mais je miserais ma chemise sur la moitié, certainement, ce qui est déjà quelque chose).

Le plus amusant de l'histoire, c'est qu'en terme de saison, nous sommes toujours en automne, l'hiver commence en fin de semaine seulement!
Attachez votre tuque! :-)

vendredi 14 décembre 2007

C’est arrivé le 14 du 12

C’est arrivé le 14 du 12…
Cette année-là, j’étais juste un jeune étudiant au secondaire, ruminant mes malheurs d’ado dans une polyvalente grise en regardant le temps passer.
Ça fait pas si longtemps que ça, mais j’ai l’impression que le monde était tellement différent que c’était un autre monde.
Et dans un sens, c’était bien un autre monde.
Ronald Reagan entrait à la maison blanche, et quand on y pense, c’est amusant comme coïncidence, puisque Reagan avait été élu comme gouverneur de la Californie pour la première fois l’année de ma naissance. Reagan a été chanceux de tenir si longtemps comme président, puisque je me souviens qu’à peine deux mois après son entrée en fonction, il se faisait tirer dessus à Washington.
Si l’attentat contre Reagan me laissait plutôt froid – je ne m’intéressais pas trop à la politique américaine – je me souviens très bien par contre que c’est arrivé juste après l’assassinat de John Lennon à New York. L’assassin de Lennon avait eu 20 ans de prison… Et si je me souviens bien, c’est aussi cette année-là qu’un fou a tiré sur le pape Jean-Paul II à Rome! Je ne me souviens pas ce qu’il est advenu de celui qui a tiré sur le pape, mais je crois me souvenir que le pape lui a pardonné, des années plus tard.
Le paradoxe avec Lennon, c’est que c’est au cours de cette année que Imagine est devenu numéro un et que tout le monde chantait sa chanson de paix…
Si vous ne vous rappelez pas de l’entrée en fonction de Reagan, peut-être vous souviendrez vous que c’est la même année que François Mitterand est devenu président de la France et que quatre mois plus tard, la France abolissait la peine de mort.
Moi, ce qui me fascinait le plus pendant ce temps-là, c’était le programme spatial. La création de la navette spatiale, c’était quelque chose que je suivais depuis un moment, alors la première mission de Columbia cette année-là, je ne suis pas près de l’oublier. Avec mes copains amateurs de technologies, on avait aussi suivi le premier vol d’un Boeing 767 et le début du service de TVG en France, entre Paris et Lyon. On se prenait à rêver d’un train à grande vitesse entre le Lac et Montréal!
Pendant qu’on retournait dans l’espace, Israël bombardait Beyrouth, la capitale du Liban, dans une sorte de guerre que je ne comprenais pas du tout et qui n’est pas vraiment terminé aujourd’hui, même si je la comprends un peu mieux. Les nouvelles, à la télé, nous parlaient de cette guerre à tous les jours. Les nouvelles nous parlaient d’autre chose aussi. Cinq hommes de Los Angeles, observés par des spécialistes, avaient attrapé une très rare forme de pneumonie parce que leur système immunitaire était affaibli. C’étaient les premiers cas de SIDA et les nouvelles allaient nous parler du syndrome constamment après ce jour-là.
Mais tout n’était pas si sombre, cette année-là. En fait, même si j’étais obnubilé par mes petits problèmes d’adolescent, je m’amusais plus souvent qu’autrement. À la télé, on avait un nouveau poste, MTV, qui ne passait que des vidéos de musique, au grand plaisir de toute ma génération. Les filles de la gang, elles, suivaient avec attention le mariage du Prince Charles avec Lady Diana en Angleterre.
C’était vraiment un autre univers. Aujourd’hui, Reagan et Mitterand sont morts depuis longtemps, mais j’écoute encore la musique de John Lennon, même si je n’écoute plus MTV depuis des années. Les navettes vont encore dans l’espace, mais Columbia a explosé il y a quelques années. Le pape Jean-Paul II est mort aussi et même Lady Di est morte depuis dix ans, déjà!
Remarquez, Israël bombardait encore le Liban il y a quelques mois à peine et on n’est pas près de voir la victoire contre le SIDA… Certaines choses ne changent donc pas tant qu’on voudrait.
Cette année-là, je n’écoutais pas seulement du Lennon. En fait, j’écoutais du The Police. C’est l’année de leur disque Ghost in the Machine et de la chanson Every Little Thing She Does is Magic. Et quand je parle de disque, je parle de vinyle, ces grands disques noirs et mous qui s’égratignaient d’un rien. C’était aussi l’année de Physical d’Olivia Newton John et de la première apparition télévisée d’un nouveau groupe appelé U2!
C’est aussi cette année-là qu’est sorti le film Raiders of The Lost Ark au cinéma, le tout premier film avec Indiana Jones. Il fallait le voir au cinéma, parce qu’il n’y avait pas encore de vidéoclubs pour se reprendre. Ils sont en train de tourner le quatrième long métrage d’Indiana Jones, cette année, et on pourra le voir en DVD à la maison quelques mois après sa sortie. Ma tante écoutait Francis Cabrel qui venait de sortir Carte Postale, et mon oncle déplorait la mort de Bob Marley. Il n’y avait pas d’Internet, on n’avait même pas d’ordinateur à l’école, on ne connaissait pas encore Madonna, James Bond était joué par Roger Moore dans For Your Eyes Only, et au Gala de l’ADISQ, Martine St-Clair avait été nommée Révélation de l’année.

Un autre monde, et l’ado que j’étais ne savait pas encore ce qu’il ferait ou ne ferait pas dans la vie. Aujourd’hui, même si je n’ai toujours pas de certitudes à ce sujet, au moins, j’en ai une meilleure idée! C’est amusant d’imaginer que cette année-là, je ne le savais pas, évidemment, mais c’est l’année où sont nés Elijah Wood et Natalie Portman, Julia Stiles et Justin Timberlake. La même année qui nous a donné Paris Hilton et Beyoncé, en plus de Britney Spears!

Tous les événements qui se sont produits cette année-là, toutes les naissances, les quelques décès qui ont marqué ma vie d’ado, les modes et les tendances de l’année, tout ça s’est produit avant le 14 du 12.
Et le 14 du 12, il n’y avait non pas une, mais deux naissances, en même temps. C’était la naissance des jumeaux, chez les Nadeau, une famille sans histoire d’une petite ville du nord du Lac St-Jean. Le monde vibrait aux grands événements, et cette maisonnée de région vivait un très grand événement à leur échelle.
Moi, vivant pourtant à seulement quelques dizaines de kilomètres de là, je ne savais pas, en ce 14 du 12, que j’allais les connaître, ni que j’allais vivre avec eux des années plus tard. Je ne savais pas que l’on triquerait au champagne sur les Champs de Mars devant la tour Eiffel, que l’on foulerait les Champs Élysés ensemble, ni que l’on visiterait le Nord-Ouest américain et Vancouver ensemble. Je ne savais pas qu’on irait tous à Berlin ou Prague. Je ne me doutais de rien, et pourtant, un événement important de ma vie venait de se produire, en ce 14 du 12…

Et c’était une bonne année, non?
Enfin, une fois de plus, je vous souhaite bonne fête, les jumeaux. Et merci de faire partie de ma vie et de partager certaines de mes passions! On continue?
Hugo

dimanche 9 décembre 2007

Chaos, Piché et les maths des coïncidences historiques

J'imagine que vous en avez entendu parlé, puisque les médias ont invité le chanteur Paul Piché pour sa run de lait médiatique lors de la sortie de son livre intitulé Déjà Vu.
Si j'ai pris du temps à réagir à la publication du chanteur, c'est que je devais prendre le temps nécessaire pour appuyer mon interprétation de sa théorie de la récurrence mathématique des modes depuis 1945. Il aurait été facile de dire que je trouvais la chose ridicule, mais pas très intelligent de ne pas étayer mon opinion.
Le fait que le livre en question soit publié par un éditeur qui est un vendeur de livre (les anglais disent publisher) sans être un éditeur (editor), et qui est renommé pour ne faire aucune direction littéraire, ne m'aide pas à vouloir me procurrer l'ouvrage en question.
Je n'ai rien contre le fait que quelqu'un élabore sa théorie personnelle sur le pourquoi des choses dans le monde. Par contre, quand l'auteur nous arrive avec une belle formule mathématique ultra-simple pour expliquer l'univers, j'ai des importantes réserves sur le sérieux de l'affaire.
Piché trouve étrange que tout le monde focusse sur sa formule, mais coup donc, il doit s'assumer, elle est imprimée sur la couverture du livre! Pire, il affirme qu'il s'agit de la formule algébrique de notre inconscient collectif! Wo, minute, là!
Je ne vous casserai pas la tête avec des maths poussées, comme celles qui sous-tendent la théorie du chaos, mais disons qu'en tant qu'ex-étudiant en mathématiques, j'ai toujours été et je suis toujours un partisan du fait que la vie fait appel à des variables trop nombreuses et complexes pour tout expliquer ou prévoir ou analyser à l'aide de formules simples. Sinon, les prévisions météo seraient toujours 100% exactes, voyons donc!
Les modes et tendances ont l'avantage d'être un sujet d'étude plus flou, moins défini que la météo ou la reproduction des souris, et dans un sens, ce flou profite à la théorie de Paul Piché.
La formule développée (découverte?) par l'auteur est la suivante: y=2(x-80)+45. Le y est de moi, puisque sa formule mathématique n'égale rien (?), mais suggère par les exemples cités que y est l'année à laquelle l'année x renvoie en terme de mode récurrente.
Les exemples sont nombreux, et on en a cité plusieurs. Pour les fins de ce commentaire, mentionons-en deux. 1963=2(1989-1980)+1945. En 1963, J.F. Kennedy déclarait «Je suis berlinois» et en 1989, le mur de Berlin tombait. CQFD.
Second exemple: La chanson Dégénérations de Mes Ailleux, endisquée en 2004, ferait écho aux succès de Garolou en 1973. CQFD?? (rapport?).
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Piché étire l'élastique loin au-delà de la mathématique ou de la moindre science tout court. je ne peux que penser que personne n'aurait parlé de cette théorie farfelue si l'auteur n'avait été une vedette. On n'aurait certainement pas invité un nobody pour parler de cette formule farfelue à Tout le monde en parle, et être tendre envers sa théorie en plus, en tous cas!
Piché aura beau me fournir des centaines d'exemples pour appuyer sa théorie et sa formule, je ne pourrai jamais y adhérer. Pourquoi? Parce qu'on ne prouve pas une idée par l'exemple. En fait, j'accepterais peut-être la preuve par l'exemple à condition que les contre-exemples n'existent pas ou soient infiniment peu nombreux par rapport aux exemples concluants.
Je m'explique.
En appliquant la formule Piché, par exemple, à l'invasion de l'Irak (par Bush-fils) en 2003, j'arrive à l'année 1991, année de la première invasion en Irak (par Bush-père, en plus), ce qui devrait me faire croire que toute l'affaire fait du sens. Mais en appliquant la formule à l'ascension de l'ADQ au titre d'opposition officielle en 2007, j'arrive à l'année 1998, année d'une élection tout ce qui a de plus normale avec le PQ prenant le pouvoir avec une majorité. Piché nous assure que les contre-exemples existent, mais sont très peu nombreux. Ok. Autre contre-exemple, l'oscar remporté par The Departed de Scorcese en 2006 fait écho à celui de James Cameron pour Titanic en 1997. Quel rapport entre les deux oeuvres? Ah, Leonardo DiCaprio joue dans les deux films! Voyez comme on peut faire fitter les exemples si on veut vraiment?
Continuons le jeu un instant, si vous permettez. Le film le plus populaire de 2007 a été Spider-Man 3. 2007 renvoyant à 1999, Star Wars Episode I était le plus populaire cette année là... Cette fois, je n'arrive pas à voir un lien évident... Il s'agit de suites (en fait, un prequel pour Star Wars), mais il sort des dizaines de suites à chaque année, alors l'argument me semble faible.
Toujours en cinéma, lieu de plein de modes et de tendances, en 2001, Steven Soderbergh sortait Ocean's 11, un remake du film homonyme de... 1960... or 2001 renvoi à 1987, qui renvoi à 1969... Zut, ça ne marche pas!
Attendez... Star Wars Episode I est sorti en 1999, qui renvoi à 1983, année de sortie de Return of the Jedi, le dernier Star Wars a être sorti avant Episode I! Ça marche donc ! ?
En fait, vous voyez où je veux en venir. En élaborant une formule aussi simple et en la justifiant simplement par des exemples, Piché commet le péché de ne sélectionner que les exemples qui confirment la formule, évitant les autres situations. Et comme les exemples font références à des modes, il est facile de trouver quelque chose de convaincant... Si Kennedy n'avait pas fait sa déclaration en 1963, je suis sûr qu'un autre événement relié à l'Allemagne s'est déroulé en 1963 et qu'on aurait pu lui coller la référence pour la chute du mur en 1989.
Dégénérations, par exemple, a beau avoir été endisquée en 2004, elle est devenu populaire (donc à la mode, tendance) en 2006... Évidemment, on pourrait certainement trouvé un groupe traditionnel pour jumeler l'affaire au lieu de Garolou si on cherche vraiment dans une autre année, non? Vous avez compris mon point de vue.
Pas convaincu que toute l'affaire ne tient qu'à un fil (imaginaire)?
Ok, alors testez MA formule à moi, je viens de la découvrir pour les frins de ce commentaire, et elle explique comment le monde, la mode, les tendances, se répetent selon des boucles depuis 1950 selon l'équation suivante: y= 2(x-1985)+1950.
Yep.
Selon cette formule (ça m'a pris au moins 20 minutes pour la découvrir, sérieusement), l'année 2007 renvoi à l'année 1994. Or l'arrivée comme chef de l'opposition officielle de Mario Dumont en 2007 renvoi donc à sa première élection en tant que député en 1994!!! Stupéfiant, non?
En 1982, alors que The Police lançait l'album contenant leur plus grand succès, Every Breath you take, avec les parloes mondialement connus I'll be watching you... cette année 1982 renvoi, selon ma formule, à l'année 1944, année du grand succès de Bing Crosby I'll be seeing you! Étonnant, non?
Encore!
Ok, en septembre 2001, des attaques faisaient s'écraser un avion sur le Pentagone à Washington et couper la ligne de métro qui passait sous les tours jumelles de New York. Or 2001 renvoi, avec ma formule, à 1982, année où un avion de Air Floride s'est écrasé sur Washington la même journée où le métro de cette ville a déraillé!! Avouez!
Une dernière, la meilleure, pour illustrer comment ça marche: Star Wars Episode I, premier film de la dernière trilogie (que nous avions réusi à connecter à Return of the Jedi avec la formule Piché...), sorti en 1999, qui renvoi selon ma formule à 1977, année de la sortie du premier film de la première trilogie Star Wars!! Hé! Ma formule, dans ce cas, semble fonctionner mieux que celle de Piché!!!
Anyway, vous aurez compris que je n'accorde que peu de crédibilité à l'ensemble. En tant qu'écrivain, je déplore même qu'un éditeur ait publié le livre, plutôt qu'un bon roman ou un bon livre tout court, et que des lecteurs dépensent leur argent pour lire ce genre de théorie plutôt qu'un bon livre. Je trouve même que c'est profiter de la naàîveté des gens qui se cherchent un gourou. Je n'ai rien contre les livres à réflexions psychologiques ou sociologiques, mais je trouve pathétique un livre qui dépend de quelques observations et de coincidences mathématiques et que l'on vend comme une théorie valable. Piché, avec ce livre, a l'air d'un gourou et son éditeur d'un profiteur.
Vous doutez que ce ne soit que des coincidences? Vous aimez bien la formule de Piché? Ok, des coincidences, en voulez-vous vraiment qui frappe plus fort que le Je suis berlinois de Kennedy attaché à la chute du Mur de Berlin?
Attachez votre ceinture, en voici une amusante série de 22, ma conclusion suivra.
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Abraham Lincoln a été élu au Congrès en 1846.
John F. Kennedy en 1946.
Abraham Lincoln a été élu président en 1860.
John F. Kennedy en 1960.
Les deux ont été tués un vendredi.
Les deux ont été tirés dans la tête.
La secrétaire de Lincoln s'appelait Kennedy
Celle de Kennedy s'appelait Lincoln.
Les deux assassins étaient du sud
Les deux successeurs à la présidence venaient du sud.
Ils s'appelaient tous deux Johnson.
Andrew Johnson, successeur de Lincoln, était né en 1808.
Lyndon Johnson, successeur de Kennedy, était né en 1908.
John Wilkes Booth, l'assassin de Lincoln, était né en 1839.
Lee Harvey Oswald, l'assassin de Kennedy, était né en 1939.
Les deux assassins ont des noms complets de 15 lettres.
Lincoln a été tué au théâtre Ford
Kennedy, dans une Ford Lincoln
Lincoln a été tué dans un théâtre et l'assassin s'est réfugié dans un entrepôt.
Kennedy a été tué d'un entrepôt et l'assassin s'est réfugié au théâtre.
Une semaine avant son assassinat, Lincoln était à Monroe, au Maryland.
Une semaine avant sa mort, Kennedy était avec Marilyn Monroe.
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Vous trouvez ça hallucinant? Trop de coincidences pour conclure que les deux événements/vies ne sont pas reliés par un élément mystique ou surnaturel? Sans mentionner que la formule Piché ne relie pas les années de ces événements majeurs!?
Well, sans vouloir vous décevoir, on peut tout de même déboulonner quelques pièces du puzzle ici et là, non?
J'imagine que les deux présidents ont eu plus d'une secrétaire... On choisi celle qui fait notre affaire ici et le tour est joué. Johnson est un nom plutôt répandu... Après tout, même au Québec, on a eu trois premiers ministres de ce nom... Une semaine avant leurs morts respectives, ils ont certainement visités plusieurs endroits et rencontré plein de gens, on prend ceux dont les noms ont des consonnances similaires... et en fait, tout ce château de coincidences s'effondre totalement si on n'est pas absolument convaincu qu'Oswald a bien tué Kennedy, en plus :-)
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Bref, vous aurez compris, je l'espère, qu'avec un peu d'imagination, on peut relier presque n'importe quoi... alors la formule Piché? Bof!
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P.S. Mathématiquement, soit je n'y comprends rien, soit il y a un hic, mais selon la formule Piché, rendu en 2015, on renvoi à... 2015.. ? Et en 2016, on fera référence à l'an 2017... pas encore passé??? On aura fini de répéter les modes passées ou on commencera à créer les modes futures? :-)

samedi 8 décembre 2007

Âge, ténèbres et cinéma

J'ai envie de vous glisser un mot sur L'Âge des ténèbres, le plus récent film du réalisateur Denys Arcand. Je sais qu'il y a eu beaucoup de choses d'écrites sur le film ou à propos de son accueil en France ou ailleurs, de sa sortie tardive au Québec et tout, et ma foi, j'ai eu l'impression que bien peu de journalistes ne parlaient du film lui-même. Certes, il y a eu beaucoup d'articles précédant la sortie, alors que le distributeur avait organisé la traditionnelle run de lait des comédiens et réussi à orchestré quelques apparitions du réalisateur lui-même, mais on parle d'articles promotionnels ou d'interview des créateurs et non du film en tant que tel.
Anyway, je suis allé voir le film vendredi, la journée de sa sortie.
Je vais vous dire une chose, moi, je n'ai pas été déçu.
Bon, L'Âge des ténèbres n'est pas un Grand Film, mais il demeure un film intéressant, original, bien fait et pertinent. J'ai beaucoup aimé.
Et je n'en demandais pas plus à Arcand, qui est un de mes réalisateurs préférés. Bien sur, après le succès critique et populaire des Invasions barbares et l'Oscar remporté grâce à ce film, on a l'impression que les attentes étaient élevées. Si je peux vous avouer une chose: mon film préféré d'Arcand demeure encore à ce jour Jésus de Montréal. J'ai beaucoup aimé Le Déclin... et Les Invasions..., Réjeanne Padovani, Love and Human Remains, et même Stardom, même si ce dernier n'était pas suffisamment abouti en tant que film. Mais Jésus de Montréal demeure le chef d'oeuvre d'Arcand à mes yeux. Comme je ne m'attends pas à ce qu'il fasse mieux à chaque film, je vais voir chaque nouveau Arcand depuis en espérant un bon film, personnel et bien écrit, puisqu'Arcand écrit généralement ses scénarios.
J'ai donc passé un très agréable moment lors du visionnement de L'Âge des ténèbres. Le film a de grandes qualités et quelques défauts et passera à l'histoire comme un Arcand-moyen, ce qui, avouons-le, est souvent bien meilleur que les meilleurs films de certains cinéastes. D'ailleurs, il n'y a qu'à voir la scène des oies blanches filmée par Arcand pour renvoyer d'autres réalisateurs québécois faire leur devoir la prochaine fois qu'ils tenteront l'expérience pour faire poétique...
Il n'est de secret pour personne que L'Âge des ténèbres raconte l'histoire de Jean-Marc, un fonctionnaire désabusé, triste et déprimé, qui compense la grisaille de sa vie par des fantasmes divers et qui finit par mélanger ses univers et perdre prise sur la réalité, pour le meilleur ou le pire. Il rêve qu'il est un écrivain à succès, ou chef politique, ou encore un samourai. Il rêve d'aventures sexuelles avec une journaliste, d'une relation avec une star du cinéma. Il passe ses journées dans son bureau à écouter les problèmes de citoyens auxquelles il ne peut rien; il les reçoit et les déçoit. Sa femme est une workahoolic à succès avec laquelle il ne communique plus malgré leur vie commune, ses deux filles sont toujours réfugiées dans leurs iPod, les gens qui l'entourent parlent plus avec leur cellulaire qu'entre eux. Bref, il vit dans un monde dépourvu de valeurs humaines, gris, terne et déprimant.
Et ce monde, c'est le nôtre vu par Arcand. En ce sens, le film fait référence aux thématiques du Déclin et de Jésus de Montréal. Le stade olympique converti en quartier général de tous les ministères et organismes du gouvernement du Québec, par exemple, ou encore les congestions monstres à l'entrée des ponts le matin, l'interdiction de fumer à moins d'un kilomètre d'édifices gouvernementaux, la complexité de l'appareil gouvernemental, tous ces éléments sont déjà présents dans des oeuvres précédentes du cinéaste, dont la vision du futur a toujours été relativement pessimiste et noire. Cette vision personnelle donne d'ailleurs son sens au titre du film.
Comme pour accentuer cette parenté avec ces oeuvres antérieures, et aussi pour poursuivre ce qu'il a entamé avec Le Déclin, Arcand multiplie les clin d'oeil et les références passagères; le personnage de Pierre Curzi (du Déclin et des Invasions) revient après quelques années, de même que le prêtre joué par Gilles Pelletier (dans Jésus... et les Invasions) et la comédienne interprétée par Johanne-Marie Tremblay (dans Jésus de Montréal). Ce faisant, Denys Arcand ancre son film dans une réalité, un univers, qui est commun à ceux explorés auparavant, qui en est la continuité. Cet univers n'est que l'image du nôtre vu par les lunettes du créateur.
Tout ce pessimisme et cette grisaille font de L'Âge des ténèbres un film triste et dramatique. Pourtant, et c'est là une des grandes qualité de ce film comme de plusieurs films de Denys Arcand, on y rit beaucoup. Certes, l'humour y est noir et ironique, mais quand même, je n'ai pas souvent ri de la sorte dans un film aussi triste... ou été aussi triste dans un film aussi drôle. Et cette dualité me semble très difficile à atteindre au cinéma.
Le film se fera reprocher d'être un peu filmé et présenté comme une suite anecdotique alternant fantasmes et réalité, scènes de bureau et de maison, sans grande inventivité au niveau du montage. Effectivement, on a parfois l'impression d'assister à plusieurs courts-métrages en file, mettant en scène le même personnage principal. Le film n'est donc pas sans défauts. Sa plus grande faiblesse est peut-être au niveau de certaines répétitions. Après un énième citoyen reçu au bureau, on a compris le rythme de vie de Jean-Marc et j'aurais peut-être pu apprécier le film tout autant avec un de moins. Idem pour le cynisme au niveau de la gestion gouvernementale, avec la séance à l'accueil, celle sur les bienfaits du rire, puis celle sur le feng shui. Un des deux derniers concepts aurait probablement suffit à faire passer le propos véhiculé ici. Enfin, j'ai trouvé que toute la séquence "médiévale" avait certaines longueurs et aurait gagné à être un peu resserrée. L'ensemble de ces réserves font de L'Âge des ténèbres un film un peu lent. Par contre, on ne va pas voir un Arcand pour son rythme endiablé et je suis un cinéphile qui aime bien quand un bon réalisateur prend le temps qu'il faut pour nous raconter son histoire, alors ce ne sont pas des défauts que j'ai trouvé majeurs.
Si j'ai beaucoup aimé L'Âge des ténèbres malgré ces éléments moins réussis, c'est parce que le film comporte plusieurs séquences, scènes ou simples lignes de dialogues qui sont de véritables délices cinématographiques. La scène où Jean-Marc fantasme qu'il est invité à Tout le monde en parle (Paris) par Thierry Ardisson pour réaliser qu'il est dans le décor de l'émission à Montréal puisque celle d'Ardisson n'existe plus, est une merveille. Celle où il fantasme sur sa propre mort, et qu'il imagine ses funérailles célébrées par un prêtre et une dame joués par Michel Rivard et Marie-Michelle Desrosiers, et que ceux-ci entament une chanson à la guitare acoustique est drôle, surréaliste, référentielle et pathétique en même temps. Ces deux scènes marquent d'ailleurs un changement subtil dans la vie de Jean-Marc, puisqu'on réalise que même dans ses fantasmes, les choses ne vont pas comme il le voudrait, désormais.
Enfin, lorsque Jean-Marc se rend à une rencontre médiévale genre «fin de semaine jeux-de-rôle» pour adultes déprimés et se fait refouler à l'entrée et qu'il tente d'expliquer: "Écoutez, j'ai rencontré la comptesse Béatrice de Savoie dans une soirée de speed dating à Laval...", on comprend que même dans un univers de gens qui s'évadent de leur réel, il est inadapté. Plusieurs répliques du film frappent droit au but et rappellent que Denys Arcand est aussi un excellent scénariste.
L'Âge des ténèbres, comme plusieurs films du réalisateur, profite d'une magnifique distribution. En tête d'affiche, l'exceptionnel Marc Labrèche, dans un rôle dramatique (qui rappelle le contre-emploi de Dominique Michel dans le Déclin), qui offre une performance admirable, intense et qui porte littéralement tout le film sur lui du début à la fin. Quelques (autres) contre-emplois agrémentent également le film. Je pense à Caroline Néron en fonctionnaire, par exemple.
Au moment d'écrire ces commentaires, je m'en voudrais d'oublier de commenter l'accueil tiède reçu par le film en France. En fait, cet accueil est facile à comprendre, puis que le film d'Arcand, son propos comme son décor, est profondément ancré dans la réalité québécoise, et en ce sens, même s'il traite d'un sujet universel, il n'en parle pas en terme exportables, cinématographiquement. Toutes les références comme le stade olympique devenu édifice à bureaux, deux membres de Beau Dommage célébrant les funérailles imaginaires de Jean-Marc, la déconfiture de notre système de santé ou le trafic sur les ponts de la rive-sud, semblent tournés vers une réalité bien québécoise.
Aussi, L'Âge des ténèbres, qui est réalisé de manière à appuyer son propos pessimiste et noir, n'a pas la fluidité des Invasions barbares, par exemple. On comprend que c'est un choix voulu par le réalisateur, mais l'effet est moins doux, moins léger et fera de ce film un moins grand succès public, puisqu'il n'est pas livré dans un format apprécié d'un vaste public, contrairement au film précédent d'Arcand.
Enfin, l'aspect moins bien ficelé du tout joue en défaveur du cinéaste auprès des cinéphiles dont les attentes sont élevées. Tel que mentionné plus haut, certains éléments auraient profités d'un resserrement au montage.
En terminant, je mentionnerais quelque chose d'important: Denys Arcand est un cinéaste de 60 et quelques années, avec son passé, ses préoccupations et l'habitude de faire des films personnels. Ses préocupations varient donc depuis des années et on ne va pas voir un Arcand comme on aborde les films de plus jeunes réalisateurs comme Francis Leclerc, Daniel Roby ou Patrick Huard. L'Âge des ténèbres met en scène des situations secondaires où on traite de la vieillesse, de l'abandon, du regard sur la vie passée et il s'agit parfois de thématiques de cinéastes plus âgés. La direction photo et le rythme général du film appartiennent également à une manière de faire qui contraste avec le renouveau du cinéma québécois des jeunes réalisateurs mentionnés ci haut ou des Ricardo Trogi ou Éric Tessier, par exemple.
Bref, je recommande L'Âge des ténèbres, avec certaines réserves, dépendant de quel genre de cinéphile vous êtes, car j'ai bien aimé et que je le reverrai certainement, comme tous les films d'Arcand que j'ai aimé. Le cinéaste crée des oeuvres qui méritent plusieurs visionnement si l'on veut en capter toute la profondeur, et L'Âge des ténèbres ne fait pas exception.

mercredi 5 décembre 2007

Au Cabaret du Chien Noir

Connaissez-vous L'Auberge du Chien noir, un téléroman diffusé à Radio-Canada?
J'ai attrapé la chose à l'occasion au fil des ans, sans être un fidèle auditeur (je ne suis un fidèle auditeur d'aucun téléroman, je suis bien trop indiscipliné pour ça!), c'est une production qui me semble unique en son genre en ce moment à la télé par son ton bon enfant, presque naïf, et son absence de prétention. L'histoire met en scène des gens ordinaires qui, ma foi, ont l'air plus réels que les participants des nombreuses émissions de télé-réalités :-) (et un peu moins tartes, il faut avouer, grâce au jeu des acteurs professionnels).
Si je vous parle de cette émission aujourd'hui, c'est qu'hier soir, au Club Soda de Montréal, il y avait un spectacle bénéfice mettant en vedette les personnages de ce téléroman à succès.
Le spectacle, au bénéfice de la grande guignolée des médias, s'intitulait d'ailleurs Le Cabaret du Chien Noir, et en était à sa 4e année de présentation (un spectacle différent chaque année).
Les textes de ce spectacle de variétés comme on en voit rarement de nos jours, étaient signés par les auteurs du téléroman, Pierre Poirier et Sylvie Lussier.
Pourquoi va-t-on assister à un variété du genre Cabaret du Chien Noir? Bon, pour la cause d'abord, puis pour passer une soirée amusante à peu de frais, quand même (30$ incluant entrée, une bière et un don supplémentaire, dans mon cas). Et aussi pour voir comment des auteurs et comédiens font pour faire passer l'idée que leurs personnages montent un spectacle dans la vraie vie alors qu'ils ne vivent que dans la fiction habituellement. L'idée a quelque chose d'original, même si une fois encore, ça a un aspect naïf.
Les auteurs n'en sont pas à leurs premières incursions musicales avec leurs téléromans.
Déjà, à l'époque de leur téléroman précédent, Quatre et demi, ils avaient présentés un spectacle télévisé donné par leurs personnages. Le long-métrage dont ils ont signés le scénario, L'Odyssée d'Alice Tremblay, dont j'avais signé la critique pour la revue Solaris (voir au bas de la page de ce lien), comportait également son lot de scènes chantées. Enfin, le cadre même de l'Auberge du Chien Noir est propice à pousser la chansonnette avec un piano-bar dans l'auberge. Bref, non seulement le ton de leurs téléromans rappellent celui d'une époque lointaine, mais l'idée bon enfant de faire chanter tout ce beau monde dans un spectacle de variétés semble relever de la même nostalgie. Certains y voient de la quétainerie, n'empêche que le téléroman a beaucoup de succès, et auprès d'un public diversifié, si je me fie à toutes les strates d'âge du public présent hier au Club Soda.
On ne parle pas ici de donner un méga-spectacle à grands déploiement et le présenter pendant des mois soirs après soirs. Le Cabaret du Chien Noir présenté hier était un one shot. Et je dois avouer que le dévouement des artistes pour la cause (il y a tout de même plusieurs semaines de travail derrière une production du genre) est beau à voir, surtout que tout le monde avait l'air de s'amuser sur scène. Certains, comme Arianne (Julie Daoust) semblaient un peu timide au début mais se sont déchainé un peu plus à mesure que le spectacle progressait.
Je trouve utile d'ajouter que le dévouement en question était total: Les recettes (et non les profits) étaient remises en totalité à la grande guignolée, aucun artiste, artisan ou technicien n'étant payé pour sa prestation.
Le spectacle lui-même était plutôt amusant et j'avoue avoir été étonné par le talent de chanteur de plusieurs comédiens. Car, avouons-le, quand on va voir ce genre de spectacle, on s'attend au niveau de L'Heure de Gloire à la télé; des comédiens qui ne sont pas du tout des chanteurs professionnels et qui hésitent par moments. Or le niveau de maitrise de la voix dont ont fait preuve la plupart des artistes présents force l'admiration. Aussi, j'ai aimé les voir interprété sur scène des personnages de télévision, ce qui est plutôt inhabituel, pour eux comme pour le spectateur.
Parmi les bons moments de la soirée, je retiens le très bon et très jazzé Can't buy me love de Laurent (Renaud Paradis) en entrée de jeu et l'exceptionnelle voix de Manon (Sophie Paradis) dont la prestation était accompagnée d'une chorégraphie tango... intense! C'est la variété des numéros qui étonne le plus, en fait. De la guitare électrique de Christian (Stéphane Côté) en passant par les interprétations de Richard Desjardins de Norm (Claude Prégent), de l'Emmenez-moi d'Aznavour interprété à 14) ou de la touchante et fort à propos La vie de factrie de Clémence DesRochers interprétée par Anaïs (Catherine de Sève), on a eu droit à de l'humour, du rock, du blues et même du western! :-). Quelques sketches humoristiques et échanges de blagues à la Ti-Gusse et Ti-Mousse permettaient d'alterner les numéros avec des moments plus rigolos. Je retiens également le surprenant Cabaret interprété par Jeanine (Élizabeth Chouvalidzé) et le Piano Man de Alex (Pierre-Alexandre Fortin).
Le fait que les comédiens jouaient leurs personnages apportait un élément assez étrange à toute l'entreprise. Par exemple, Sylvain Massé, en Ken, a interprété une version heavy rock de L'Enfant au Tambour (imaginez-le à la manière de Gerry Boulet), ce qui ne devait pas être facile, quand on sait que la voix du comédien n'est pas nécessairement aussi poussée que celle de son personnage. Si vous êtes un habitué du téléroman, j'imagine aussi que l'effet d'étrangeté pouvait venir du fait que pour certains personnages, ils devaient sembler totalement hors-contexte. Je pense à Henri, l'avocat joué par Jean Maheux, au tamtam et chantant Ô Jésus de Zachary Richard! Ce décalage, sorte de remise en abîme, faisait en sorte parti de l'expérience de ce spectacle.
Je m'en voudrais d'oublier en terminant la montée de lait politique effectuée par Marc (Vincent Gratton) à la toute fin du spectacle, montée de lait principalement dirigée contre Stephen Harper et qui aurait fait la joie de Stéphane Dion :-). Cette flambée a d'abord été accueillie avec étonnement par l'audience, qui s'est ensuite reprise à grand renfort d'applaudissement.
Enfin, même s'il ne s'agit pas de chanteurs professionnels, le niveau de professionnalisme des comédiens, les accompagnements musicaux (un band de 11 musiciens incluant une section de cuivres), les arrangement et le ton bon enfant et sans prétention font que le Cabaret du Chien Noir était un spectacle de variétés fort réussi.
L'ensemble nous ramène un peu à l'époque des variétés de Gilles Latulipe, et on comprend comment les gens s'amusaient et pourquoi les spectateurs aimaient ce genre de spectacle.
Car on dira ce qu'on voudra, même si on n'est pas un fan du téléroman, le spectacle présenté au Club Soda hier soir était finalement une fort agréable et amusante soirée!

mardi 4 décembre 2007

Invierno no es inferno, pero... ;-)

Que dire aujourd'hui, en ce deuxième jour de neige abondante, sinon que l'hiver n'est pas l'enfer (bien au contraire, puisqu'à ce qu'il parait, l'enfer serait un peu plus chaud), mais il ne doit pas en être très loin, parfois.
Une amie péruvienne m'écrivait hier que la neige est un phénomène très beau. Certes, et je trouve toujours poétique une première réellee bordée de neige en hiver. Mais contrairement à celle du Pérou, je sens que je me lasserai de cette beauté :-).
Quelques photos de Montréal sous la neige, donc, surtout pour tous mes amis qui ne sont pas du Québec... je les invite donc à nous visiter... virtuellement.
Enjoy! Disfrutan!

Spécialement pour mes amies du Pérou, un petit salut québécois!

Est-ce que Jean-Paul Riopelle avait pensé à l'hiver en créant la Joute? J'avoue ne jamais m'être posé la question lors de mes visites de cette oeuvre en été.

Une chose que j'aime de la neige, c'est qu'elle éclaire un peu la grisaille de l'hiver, même si pour ce faire, elle enterre tous les véhicules! Remarquez, qui se vante d'avoir une Ferrari ces jours-là?

Mes beaux sapins, rois des banlieues...

Deux voitures qui en ont pour encore quelques heures à rester à l'ombre de la basilique Notre-Dame dans le Vieux-Montréal.

J'ai découvert hier seulement à quoi faisait référence la devise du Québec, «Je me souviens»!

J'ose imaginer que Maisonneuve, le fondateur de Montréal, est arrivé pendant l'été, sinon, pourquoi diable se serait-il installé ici? Le voici tout enneigé à la Place d'Armes.

Ma mère, citoyenne moyenne, en train de déblayer les décorations de Noël devant sa maison pour son premier hiver montréalais.
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Joyeux Hiver!

lundi 3 décembre 2007

Voyage dans le temps à la lampe à l'huile, puis dans la neige

Lachine, 2 décembre 2007. Panne de courant.
Quelques heures plus tard, retour de l'électricité... puis nouvelle panne une heure plus tard.
Cette fois, c'est pour de bon, on en aura pour des heures.
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Le soleil s'est couché, il fait nuit noire, le courant n'est toujours pas revenu. Heureusement, j'ai rechargé la pile de mon ordinateur portatif entre les deux pannes, mais elle est maintenant à 60% de sa capacité.
J'ai déniché une chandelle quelque part et décidé d'allumer la mèche des vieilles lampes à l'huile de ma grand-mère, des antiquités véritables, qui datent des années 1920. Ma mère a conservé de l'huile à lampe et il y a une mèche...
Après une demie-heure, je me rends compte que je manque d'huile et que je brûle la mèche... Les deux mèches sont trop courtes, il faudra penser à les changer... Mais pour le moment, j'éteint les lampes, attend qu'elle refroidissent un brin, puis transfert l'huile dans une seule lampe, celle avec la mèche un peu plus longue, mais en vain, toujours pas assez d'huile...
Puis, j'ai une idée: on dit que l'huile flotte sur l'eau, alors je vais ajouter de l'eau à ma lampe, elle cale au fond, fait remonter l'huile vers la mèche, et me voilà avec une lampe fonctionnelle.
Au mur, il y a quelques chandeliers, alors j'allume quelques chandelles supplémentaires et continue à écrire. La pièce a un aspect quasi médiéval... à part l'iBook qui trône sur la table de salon bien sûr :-)
Je prends une pause pour capter la scène sur photo, l'éclairage donne une ambiance particulière à ma journée/soirée et j'avoue que le manque d'électricité, l'éclairage à l'huile et à la chandelle, jumelée à l'utilisation d'un ordinateur portable, a quelque chose d'étrange... Pas d'accès internet, par contre, puisque le modem est électrique, lui. Pas de chance sur les réseaux environnants, la panne semble étendue à tout Lachine, au moins.
Les heures passent, nous mangeons notre souper avec un éclairage à l'ancienne en discutant de tout et rien. Mon père en profite pour nous raconter quelques histoires de sa jeunesse, ma mère ajoute ses propres anecdotes.
Le tout est accompagné d'un beaujolais blanc, on aura vu pire comme situation de panne électrique. Le foyer au gaz ronronne et fourni une chaleur bienvenue et se charge d'éliminer toute inquiétude face au froid après 5-6 heures sans courant électrique.
Enfin, je mets un film en DVD sur mon ordinateur portable et passe la fin de la soirée dans ce cinéma maison improvisé.
L'électricité reviendra au moment du coucher, quelques minutes avant minuit...

Lundi 3 décembre. Le lendemain matin.
Une immense cape blanche recouvre tout autour de moi. Je quitte Lachine pour le Centre-Ville.
Tres poétique, très jolie, cette neige toute blanche... Ça donne envie de s'y perdre...
J'ai l'impression que c'est l'ambiance passéiste de la journée précédente qui se poursuit alors que la frénésie de la ville est partiellement ralentie, immobilisée, même.
On dirait qu'il est tombé de la nostalgie avec la neige. Ça doit être la journée passé à la lampe à l'huile de ma grand-mère.
Je décide de changer de plans et de passer une partie de ma journée à me balader dans ce Montréal enneigé. Je reviendrai au coin du feu avec les joues rougies de bon air frais. Ça me rappellera mon enfance à moi, tiens, puisque je n'y étais pas dans les années 20, alors que mes grands-parents utilisaient les lampes à l'huile que j'ai rallumées hier.
Étrangement (ou pas?), je me sens vraiment chez moi aujourd'hui.
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Bonne journée.

dimanche 2 décembre 2007

Lettre ouverte à Stéphane Dion

Lettre expédiée à Stéphane Dion par courriel - Dimanche 2 décembre 2007.
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Cher Stéphane,
Si je t'écris aujourd'hui, c'est pour te demander quelque chose. Une question qui m'intrigue.
Tu me premettras le tutoiement, j'espère, et je ferai de même si tu réagis à cette lettre, d'accord?
Si je t'écris aujourd'hui, c'est que je m'inquiète. Je m'inquiète pour le Canada et comme il me semble que c'est un pays que tu as à coeur, je me demande pourquoi tu ne t'inquiète pas, toi.
Je sais, je n'ai jamais été un très bon Libéral, j'ai 41 ans et je n'aurai voté pour ton parti qu'une seule fois dans ma vie. Il faut dire que je me suis abstenu de voter à quelques reprises pour diverses raisons, parfois bonnes, parfois mauvaises.
Mais si tu lis mon journal en ligne, tu auras remarqué que je voyage beaucoup. Je suis donc en mesure de voir de quoi on a l'air, nous les canadiens, de l'extérieur, et de voir comment nous sommes perçus par les gens de la rue dans divers pays. Aussi, le fait de passer beaucoup de temps en dehors de notre bulle canadienne me donne parfois du recul sur l'image que j'ai de mon propre pays et des décisions que mon gouvernement (que j'aie voté pour lui ou non) prend en mon nom et au nom de tous les canadiens.
Depuis que notre premier ministre à toi et à moi, Stephen Harper, est entré en fonction, j'avoue que l'image du Canada et l'orientation que le pays a pris me préocupe. L'ouverture des vannes de production du pétrole en Alberta sans aucune considérations pour les conséquences sur l'environnement sont inquiétantes, pour citer un exemple parmi les premières décisions de notre (relativement) nouveau gouvernement et qui touchait un domaine que je crois sensible à tes yeux.
Récemment, Stephen Harper déclarait, au nom du Canada, devant le monde entier que le protocole de Kyoto était une erreur à ne pas répéter. Un politicien pro-environnement tel que toi a dû manquer de faire un infarctus en entendant cette déclaration! Personnellement, j'ai pensé que les médias et le public réagiraient fortement à cette déclaration incroyable, surtout que l'on considère généralement qu'une majorité de canadiens appuie les objectifs du protocole de Kyoto et souhaitent lui doner suite. Mais non, il semble que la chose soit passée presque inaperçue, noyée dans les histoires d'accomodements et de vieilles politiques à scandale datant de l'époque conservatrice précédente.
Tu me diras que c'est dommage, mais que ça fait partie des inconvénients du système politique actuel; Qu'une fois élu, le gouvernement prend des décisions au nom de tous, mais avec lesquelles tous ne sont pas d'accord. Tu me citeras avec à propos l'actuel président des États-Unis, G.W. Bush, comme un exemple patent de dirigeant qui ne représente pas nécessairement la majorité de ses citoyens et qui donne une image très mauvaise de son pays à travers le monde.
Or il y a une différence majeure entre le citoyen étatsunien et le citoyen canadien actuel: les canadiens comme toi et moi ont élu un gouvernement minoritaire.
Autrement dit, cher Stéphane, nous savions quand il a pris le pouvoir que les gaffes et mauvaises décisions seraient limitées par la présence d'une forte et majoritaire opposition.
Comme plusieurs canadiens, j'ai compris que les premiers mois du gouvernement seraient relativement faciles, pusique ton parti n'avait pas de chef et donc, qu'une élection serait difficile, voire même inutile. Alors j'ai patienté.
Puis, un soir de début décembre il y a précisément un an, je me suis amusé à suivre les péripéties des gens de ton parti lors de l'élection d'un nouveau chef. Après tout, m'étais-je dit, le chef nouvellement élu, voulant profiter d'une lancée de popularité après le congrès, sera fin prêt pour la lutte contre le gouvernement si ce dernier agit de manière irresponsable et n'hésitera pas à déclencher des élections. Sur mon journal en ligne, j'avais même, à un moment, et ce contre toute probabilité, prédit que tu avais les meilleurs chances de créer la surprise et devenir le chef du parti Libéral du Canada.
Il m'est arrivé, lors de mes voyages ou quand j'habite le Canada, d'avoir été tellement fier de mon pays qu'il est d'autant plus souffrant d'évoquer les moments où j'ai eu honte d'être canadien. Heureusement, il y en a peu, mais on voudrait toujours qu'il n'y en ait jamais, de ces moments.
Or quand j'ai entendu Stephen Harper lors de l'assemblée en Ouganda, j'ai éprouvé une très grande honte d'être canadien, soudainement. J'étais soulagé d'être au pays et non à l'étranger en train de tenter de justifier ou d'excuser le comportement de mon gouvernement. Pire, je n'aurais su expliquer pourquoi ce gouvernement, qui est minoritaire, s'en tire avec de telles déclarations et orientations. Ok, pire encore: comment justifier la situation actuelle alors que le chef de l'oposition, lui-même ex-ministre de l'environnement, a fait de ce dossier son cheval de bataille de prédilection?? Avoue que d'un point de vue environnemental - un des enjeux les plus importants dans le monde actuellement - nous avons un des pires gouvernement de l'histoire récente du Canada. Or, Stéphane, tu as, toi, le pouvoir de stopper le mouvement...
Car, cher Stéphane, elle est là, la question. Comment le gouvernement peut-il continuer à régner et prendre toutes les décisions qu'il désire en situation minoritaire, sinon sans l'appui d'un parti important comme le tien? Qu'il soit direct ou indirect, l'appui Libéral actuel permet les déclarations et orientations du gouvernement Harper, point.
Je sais, tu me diras que les rouages de la politique de haut niveau sont complexes. On ne veut pas aller en élection pour les perdre, n'est-ce pas? Hum. Je te répondrais que penser de la sorte est avouer que l'on pense en perdant. Je ne partage peut-être pas la vision centralisatrice du pays qu'avaient tes prédécesseurs Trudeau et Chrétien, mais je ne les imagine pas en train de penser de la sorte. Corrige moi si je me trompe, mais je n'imagine pas non plus que c'est en pensant de la sorte que tu t'es lancé dans la course à la chefferie de ton parti l'an dernier, non?
Oui, je sais, je sais, il y a les sondages et tout, et le fait que le Québec ne semble pas être encore prêt à voter pour tes candidats libéraux.... Je ne pensais jamais dire ça un jour, mais heureusement qu'on a l'Ontario, coup donc! :-).
Sérieusement, pour en revenir à la situation actuelle, il me semble qu'en répétant les hésitations, en continuant de donner des passes-droits au gouvernement qui agit en total désaccord avec tes convictions et tes sorties publiques, tu n'affiches pas un très grand courrage et tu nous renvois l'image d'un chef mou qui pense plus à sa propre carrière politique qu'au bien de son pays. Car la question que tu devrais te poser est la suivante: le gouvernement actuel prend-il les bonnes décisions pour ce pays? Si ta réponse est non, alors moralement, honnêtement, tu devrais tout faire pour le renverser. La campagne électorale qui suivra te sera alors ouverte pour présenter tes idées sur comment les décisions devraient être prises de meilleure manière pour le pays selon toi. Que tu sois élu Premier Ministre ou pas après cette campagne ne devrait pas être l'élément principal de ta prise de décision actuelle, puisque tu auras l'honneur d'avoir fait ce que te dictaient tes convictions. Et que tu auras redonné le choix aux canadiens d'appuyer ou non les décisions du gouvernement Harper.
Et je vais te dire une chose, Stéphane: en agissant selon tes convictions et malgré les sondages, tu projetteras une meilleure image de premier ministre potentiel, déjà. Et puis tu ne devrais pas te préoccuper de ces choses, toi qui a la réputation de causer la surprise... Surprend nous en défaisant Harper...
Enfin, avec un peu de cette honnêteté intellectuelle, qui sait si tu ne ramasseras pas mon vote au passage? Si c'est ce que ça prend pour ne plus avoir honte d'être canadien aussi souvent, ça en vaudra largement la peine. Après avoir voté NPD, j'étais bien confortable dans une opposition fragmentée face à Jean Chrétien, puisque j'étais alors quand même fier d'être canadien, même si je ne suis pas un partisan Libéral.
Là, c'est différent, et même si je ne suis pas un Libéral, une exception de vote s'impose parfois. Évidemment, Stéphane, je ne suis pas prêt à voter pour n'importe qui. J'aimerais voter pour un Premier Ministre qui agit en fonction de ses convictions.
Es-tu ce Premier ministre, Stéphane?
Voilà ce que je voulais te demander, avec cette lettre.
Amicalement,
Hugues
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samedi 1 décembre 2007

Redford, lions, agneaux et cinéastes engagés

De Redford.
Je suis un fan de Robert Redford.
D'abord, c'est un très bon acteur, et avec le temps, il est devenu un producteur avec un oeil certain.
Mais si je suis un fan de Robert Redford, c'est que je suis un fan de Redford le réalisateur.
Il se fait rare, il faut l'avouer, avec sept films en vingt-sept ans, mais à chaque fois, j'aime. Alors je n'ai pas de quoi me plaindre.
J'ai découvert Redford comme cinéaste avec The River runs through it en 1992 et j'apprécie depuis la douceur, le calme et la subtilité de la tension dramatique dans son rythme quand il raconte une histoire. Il ne faut jamais être pressé quand on voit un film de Redford, jamais non plus s'attendre à de l'action enlevante ni à une ligne narrative prévisible. Pourtant, ses films ne sont pas dépourvus de tension et de moments forts ou surprenants (Quiz Show est un petit chef d'oeuvre dans le genre) et ils sont toujours peuplés de personnages intéressants et qui ont de la profondeur et du caractère. Aussi, le réalisateur Redford a tendance à tourner des films à scénario, relativement bavards, ce qui me plait toujours lorsque c'est aussi bien écrit. Il favorise l'introspection mais en passant par les dialogues pour provoquer les remises en question.
Enfin, il favorise une direction photo claire et nette, des mouvemenets de caméras limités et de beaux plans séquences, ce qui contraste également avec la mode des jeunes réalisateurs à la caméra parkinsonnienne, et ma foi, j'aime bien cette vieille manière de faire du cinéma où le film est au service de son scénario. Ce faisant, les films de Redford ne sont pas que de bons films, ils sont de beaux films également. Dans le genre, The Horse Whisperer est un véritable délice visuel en plus de raconter une histoire intéressante.
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De lions et d'agneaux.
Lions for Lambs, le nouveau film de Robert Redford - et son premier film en 7 ans - est présentement à l'affiche, et j'ai eu le plaisir de le voir en salle la semaine dernière.
Le film est divisé en trois segments parallèles bien distincts, qui se passent simultanément en trois endroits: Washington DC, Afghanistan et Californie.
Le premier segment concerne une journaliste (jouée en retenue par Meryl Streep) qui obtient une interview exclusive avec le jeune sénateur Irving (joué avec une effrayante efficacité par Tom Cruise) concernant sa nouvelle stratégie en Afghanistan.
Au moment-même où se déroule l'interview, deux soldats américains (joués par Derek Luke et Michael Pena) sont portés disparus lors d'une mission qui a mal tourné en sol afghan. Le second segment nous raconte ce qu'ils vivent dans les montagnes afghanes.
Pendant ce temps, Stephen Malley, professeur de sciences politiques à l'université (Redford, jouant le personnage qui porte le film à mes yeux), convoque Todd, un étudiant (Andrew Garfield, un acteur venu de la télé), pour parler de son orientation et son attitude. Cette entrevue constitue le troisième segment du film.
Le lien entre tous ces personnages, ce sont les deux soldats, qui participent au lancement de la mission selon la nouvelle orientation politique que le sénateur Irving tente de vendre à la journaliste Janine Roth. Ces deux soldats sont en fait deux anciens élèves de Malley et ce dernier se sert de leur exemple (sans savoir ce qu'ils vivent à ce moment-là) pour convaincre Todd de réfléchir à son avenir et son attitude.
J'ai trouvé Lions for Lambs très fort sur plusieurs points. Le premier, c'est qu'il s'agit d'un film engagé, qui mène le spectateur à la réflexion concernant l'engagement politique, militaire, et dans la vie en général et que je trouve toujours utile et intéressant les bons films engagés. Le film de Redford a toutefois quelque chose de plus important que son propos engagé; il ne porte pas de jugement de valeur sur les questions dont il traite, ou à tout le moins pas directement dans le scénario ou les dialogues eux-mêmes. Le segment du sénateur n'est pas traité avec cynisme et le sérieux des arguments de Irving a de quoi faire peur, d'autant plus qu'ils sont bons ou semblent l'être. Le film démontre ainsi comment quelques phrases bien tournées, quelques discussions bien menées, peuvent changer des mentalités, ou contrôler la manière dont l'information sera diffucée, et donc interprétée par les citoyens.
D'ailleurs, du côté du cynisme, Todd explore cette route un moment avant de se faire remettre sur la route de la réflexion par Malley et j'ai trouvé ce segment le plus fort des trois puisqu'il met en scène deux personnages auxquels j'ai pu m'identifier tour à tour. Il rappelle comment il est facile de décrier les dirigeants et de devenir cynique face à la chose politique, mais qu'en ne faisant rien, on laisse en quelque sorte le contrôle à ceux que l'on méprise. Le film ne se veut pas un prêche pour faire de la politique, encore moins pour s'engager dans l'armée, mais il force la réflexion sur la place que chacun veut occuper dans la société où il vit.
L'engagement des deux ex-étudiants de Malley, par exemple, est justifié de leur point de vue, mais Malley était contre. Pourtant, il se sert de leur décision pour dire à Todd que chacun doit occuper la place qu'il croit être la sienne avant de critiquer et d'user de cynisme. Cet engagement est donc un beau paradoxe, puisque l'on comprend les raisons des deux hommes de l'avoir fait, mais en les voyant dans l'hélico dans les montagnes afghanes, on se demande ce qu'ils foutent là. Et cette remise en question indirecte démontre aussi une grande partie de l'inutilité des affrontements.
Le segment en Afghanistan est peut-être le moins fort du film. Plus classique dans son ensemble (deux soldats blessés coincés dans les montagnes, l'ennemi approche, les renforts arriveront-ils à temps?), il n'offre que peu de dialogues à comparer aux deux autres, réalisés comme des affrontements physiques.
On pourrait croire que toute action politique et militaire dépend donc de la bonne volonté de chacun, ou au moins de son honnêteté intellectuelle. Lions for Lambs explore aussi cette question par le biais du personnage de Janine, la journaliste, quand celle-ci se retrouve face à son patron avec l'histoire du sénateur, qu'elle refuserait de sortir comme une information, puisque la chose sent plus la propagande et qu'elle croit devoir apporter un minimum de point de vue critique sur la question. Le patron ne voit pas les choses du même angle; s'il ne sort pas cette exclusivité, quelqu'un d'autre le fera, et il fait voir à Janine qu'elle-même n'a pas les moyens de risquer sa carrière, à son âge, sur la question.
Ce ne sont que des sommaires et des exemples des diverses avenues socio-politiques explorées par le film de Redford, qui démontre avec brio que rien n'est jamais aussi noir ou aussi blanc qu'on le voudrait. Ainsi, le film est un film engagé politiquement, et avec une forte prise dans l'actualité contemporaine, mais traite d'un sujet intemporel et c'est là une autre de ses forces.
Vous aurez compris que j'ai aimé le nouveau Redford et que je le recommande (il faut savoir à quoi s'attendre, par contre. Si le genre politico-bavard n'est pas votre style, vous risquez de trouver que l'affaire manque d'action).
J'ajouterais que c'est le premier film produit par le studio United Artist depuis que Tom Cruise en a pris la direction après le non-renouvellement de son contrat chez Paramount. Le film n'est pas un grand succès au box office (normal vu son sujet, je vous dirais), mais je suis content de l'affirmation artistique qu'a fait Cruise le producteur en ayant confié son premier produit à un réalisateur de la trempe de Robert Redford sur un sujet comme celui de Lions for Lambs.
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De cinéastes engagés.
Lions for Lambs n'est pas le premier film engagé de l'année. Loin de là, en fait. Avec des titres comme The Kite Runner, Redacted, Michael Clayron, The Kingdom et Rendition, pour nommer ceux qui me viennent en tête, le film politique semble faire un retour en force en 2007. Une bonne chose en ce qui concerne l'amateur que je suis, puisque ça donne souvent de bons films (J'ai aimé Rendition et Michael Clayton, je n'ai pas encore vu les trois autres cités), bien que dans la plupart des cas, le message est plus direct que dans Lions for Lambs, ce qui est aussi essentiel.
Il me semble que c'est une mode renouvellée depuis quelques années, si je regarde le nombre de films de premier plan de ce genre qui me viennent à l'esprit dans les trois dernières années. Lord of War, Blood Diamond, Good night and Good luck, The Constant Gardener...
la liste est bien incomplète, évidemment, mais il me semble que chacun de ces films, à quelque part, doit son existence au film Syriana, qui a en quelque sorte pavé la voie alors que ce genre de film n'était pas le bienvenue dans l'opinion publique américaine.

Syriana demeure aussi l'un des meilleurs films du genre, sinon le meilleur, et si je dis qu'il a pavé la voie, c'est que ses créateurs se faisaient qualifier de traitres lorsqu'ils ont lancé ce projet de film et ils auraient donc été des personnages intéressants dans les discussions de Lions for Lambs, non?
Il y a des noms qui reviennent à quelques reprises dans les films cités ci haut. Par exemple, The Kingdom et Lions for Lambs ont tous les deux été scénarisés par Matthew Michael Carnahan. L'auteur est à surveiller.
Deux noms communs à plusieurs de ces films sont ceux de l'acteur-producteur et réalisateur George Clooney et son collaborateur régulier, le réalisateur et producteur Steven Soderbergh, pour Syriana, Good night and Good luck et Michael Clayton.
Clooney est aussi impliqué dans divers autres projets cinéma politiquement engagés, dont le documentaire Darfur Now présentement en salles. L'acteur était aussi l'une des trois têtes d'affiche de Three Kings, un autre film politiquement engagé (sorti en 1999) qui avait pour sujet la premiere invasion de l'Irak.
Bref, il est bon de voir que les graines semées par Syriana continuent de porter fruit et qu'Hollywood peut et veut faire de genre de fiction. Car bien que j'admire le courage de Tom Cruise pour avoir mis en chantier un film comme Lions for Lambs, je doute qu'il aurait eu ce courage en 2003 alors que Clooney et Soderbergh fonçaient dans Syriana.
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D'ailleurs, parlant de Steven Soderbergh et de films politiques, ses deux prochains films, Guerrilla et The Argentine, ont pour personnage principal Ernesto Che Guevara. Vous imaginez à quel point j'attendrai ces deux films avec impatience...

mardi 27 novembre 2007

Un maté, ou l'Argentine dans une tasse

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En voyage, même quand on ne poursuit pas le but de faire un voyage gastronomique, et à moins de faire un séjour dans un tout-inclus, on découvre inévitablement quelques coutumes et produits locaux.
Si je bois avec plaisir l'Inca Kola, disponible en importation à Montréal, je n'ai toujours pas trouvé l'excellente bière péruvienne Cusquena. Parmi les autres boissons dégustées en Amérique du Sud, la feuille de coca est illégale ici, alors rien ne sert d'en chercher pour se faire un maté de coca.
Toutefois, on peut se procurrer de la Yerba Mate pour se faire une boisson typiquement Argentine; le Maté.
Le maté, en Argentine, c'est du sérieux. J'ai pu le constater tout au long de mon passage là-bas; tout le monde (ou presque) boit son maté, toute la journée, et ce n'est donc pas pour rien que le maté est la boisson nationale de l'Argentine (et de l'Uruguay, en passant).
Yerba Mate signifie littéralement «Tasse d'herbe» (origines mélangées de Quechua et d'Espagnol).
La chose est assez complexe à bien préparer si vous êtes un puriste, mais se résume à quelque chose d'assez simple en théorie: une poignée d'herbe d'Yerba mate et de l'eau chaude.
Ça vous rappelle le thé? Il y a une certaine parenté, effectivement, mais la boisson se prépare traditionnellement sans filtre et se boit à la paille! :-)
L'Yerba mate vient d'un arbuste originaire du Paraguay (ilex paraguariensis, si ce genre de charabia latin signifie quelque chose pour vous!) qui comporte 196 composés chimiques dont 144 sont communs à ce qu'on retrouve dans le thé vert. Cette similitude chimique explique les grands bienfaits du maté pour la santé, puisque la boisson contient beaucoup de vitamines, minéraux et anti-oxydants.
Bon, ce qui est intéressant avec le maté, ce n'est pas tant le produit, que le rituel et la manière de le déguster. Je mentionne que dépendant des sources, on dit que le maté contient de la caféine, théine ou matéine (même famille de xanthines) ce qui donne à la boisson un effet éveillant, mais sans la nervosité associée au café. Mes connaissances de la chimie s'arrêtant ici, je vais me concentrer sur la préparation et la dégustation, si vous permettez, d'autant plus que ce sont les deux aspects du maté les plus intéressants en ce qui me concerne.
Le maté a un goût très herbeux, terreux même, amer et un peu acide également. Plus amer que la bière ou le thé vert et plus acide que le café noir. La boisson, bien préparée, est assez concentrée et c'est donc un goût qui s'acquiert.
Et j'ai décidé de l'acquérir! :-) ... puisque j'ai ramené de l'Argentine, de la Yerba Mate ainsi que ce qu'il faut pour préparer la boisson de manière traditionnelle (photo: deux sachets d'Yerba mate, une gourde et une bombilla).
Remarquez, comme il s'agit essentiellement d'une infusion, on peut préparer un maté avec une cafétière-filtre ou encore une cafétière à piston. Il se vend même une version rôtie de l'herbe en sachet et le maté peut être préparé comme un banal thé en sachet.
Mais aucun de ces procédés de préparation ne vous fournira un maté aussi typique que la méthode traditionnelle, ni ne vous fournira la même expérience de dégustation.
En Argentine (et en Uruguay, au Paraguay et au sud-Brésil), où le maté est apprécié, voici comment on prépare et déguste son maté.
Le maté se prépare dans une gourde d'origine végétale. Vous remplissez une partie de cette gourde avec vos feuilles d'Yerba mate concassées, puis vous ajoutez de l'eau très chaude (mais pas bouillante). Attendez trois à quatre minutes, puis dégustez à l'aide d'une paille métalique munie d'un filtre (la bombilla). Quand le niveau de liquide diminue, ajoutez encore de l'eau très chaude, dégustez à nouveau, etc. etc. Si vous avez un bon mélange d'Yerba mate, vous pourrez infuser votre herbe de 6 à 10 fois avant d'en disposer et de recommencer avec de l'Yerba mate fraîche. Après chaque refil, vous remarquerez que l'amertume de la boisson diminue naturellement (contrairement à ce qui se produirait avec un café infusé à répétition où la sur-extraction du grain causerait de l'amertume).
Aussi, si vous imaginez le maté comme une sorte de thé, détrompez-vous. Alors que le thé est essentiellement un peu d'herbe dans l'eau, pour le maté, on parle de remplir la gourde du tiers aux deux tiers d'herbe avant d'ajouter l'eau. Le mélange est beaucoup plus dense et concentré, dans certains cas, quasi boueux.
Notez que si vous êtes un vrai puriste, vous allez d'abord mettre un peu d'eau fraîche, laissez l'herbe absorber l'eau, puis remplir la gourde avec de l'eau quasi-bouillante (on parle de 96 degrés C, idéalement).
Socialement, le maté se déguste à plusieurs. Le Cebador (préparateur) prépare d'abord une gourde fraîche, qu'il boit complètement, avant de la remplir d'eau à nouveau, et passe la gourde à l'invité suivant, qui boit à son tour, etc. Le cebador boit d'abord au lieu de servir ses invités avant lui. Culturellement, ça se rapproche de ce que certaines cultures avaient adoptées avec le vin dans certains pays, puisque se faisant, le cebador prouve que son maté est bon.
Plusieurs personnes boivent leur maté avec une saveur ou du sucre ajouté, pour adoucir l'amertume de la boisson. Certains mélanges d'Yerba mate sont déjà assaisonnées aux fruits, par exemple. Personnellement, c'est comme pour le café ou le thé, si j'aime le maté, je le bois nature. Si j'ai besoin de mettre trois tasses de sucre et de crème dedans, c'est qu'il n'est pas bon! Bref, ne comptez pas sur moi pour sucrer mon maté!
Les puristes vous diront même que si vous avez préparé un maté fruité ou sucré dans une gourde, celle-ci ne sera plus jamais bonne pour boire du maté nature. Étant donné l'origine végétale de la gourde en question, j'aurais tendance à leur donner raison, puisque malgré un lavage et rinçage après usage, l'intérieur de la gourde conserve des aromes de maté qui teintent de leur âge la dégustation suivante, tel un bon vieux fût de chêne pour faire vieillir le vin rouge.
Enfin, on pourrait croire que tout ce rituel de remplissage et refil et de paille de métal est peu pratique pour notre société nord-américaine pressée. En fait, j'étais de ceux qui croyait que le rituel n'était pas pratique même pour les argentins... avant de voir comment la culture du maté était partie intégrante du quotidien en Argentine.
À peu près chaque Argentin sur la rue, dans les bus, dans les gares et terminus, a sa gourde et sa bombilla et déguste son maté à longueur de journée. Et pour les nombreux refils? Un thermos d'eau chaude accompagne le personnage, et il remplit sa gourde à plusieurs reprises.
Manque d'eau chaude dans son thermos? Pour un demi-pesos (ou souvent gratuitement), il existe des machines distributrices dans les tiendas, épiceries, postes d'essence, restaurants, etc, où vous pouvez remplir votre thermos d'eau chaude!
Évidemment, nous sommes loin de ce genre de choses ici... Mais rien n'empêche de se préparer et déguster un bon maté à la maison, pour avoir un peu d'Argentine dans son salon, par un froid après-midi de fin de semaine, par exemple.
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jeudi 22 novembre 2007

Salmigondis et citations du jeudi

J'ai pris une décision difficile cette semaine, alors ça m'a forcé à faire un peu d'introspection (je vous passe les détails, l'introspection est rarement intéressante à lire, n'est-ce pas?). Pues... se définir et se redéfinir n'est jamais facile.
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Qu'est-ce qu'il y a sur votre cheminée? Voici ce qu'on trouve sur la mienne en ce moment:

Oh my heart don't stop
So judge me not
I think I think I think I think
I'm in love with two sisters

- Fiction Plane, Two Sisters


Une certitude: la dernière chose que je recherche est le confort de la stabilité et de la routine. Artistiquement, ça me tuerais d'obtenir un beau confort tout douillet, avec mes pantoufles et mes émission de télé favorites. Ces émissions, ces pantoufles et tout ce qui vient avec, a de la valeur que si je ne suis pas certain de pouvoir les avoir dans le futur, et sans savoir quand je les aurai la prochaine fois.
Je ne sais pas comment mon ami Joël Champetier fait pour être inspiré et écrire de si bons romans en ne rêvant que de rester chez lui et redoutant les voyages autant que je les désire!
La nouveauté me stimule, l'imprévu m'attire, l'inattendu et l'aventure m'inspirent. S'il est vrai que j'ai besoin d'écrire pour vivre, il est aussi vrai que j'ai besoin de vivre pour écrire.

Quizás
Nunca
Jamás
Te olvidaré
Sólo pienso en tí
No sé
Que hacer
Porqué
Nunca podré
Olvidarme de tí
- Gregory Charles, Sólo pienso en tí
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Est-ce que c'est l'automne qui fait ça? Le froid qui nous tombe dessus même si on n'en veut pas? La grisaille des matins sans soleil? Ou bien c'est seulement moi et mon fernweh?
Et vous, comment ça va chez vous?

mardi 20 novembre 2007

Pensées d'automne...

ou... Journal de retour, Jour 49...
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Difficile de renier que l'hiver s'en vient... quand on voit les premiers reliefs de la nuit blanchir les feuilles mortes qui bordent le passage qui relie ma rue au plus proche arrêt d'autobus...

Sur ce bus (la 191, pour les curieux), j'ai capté cette image la semaine dernière. La chose m'a fait sourire, puisque je prévoyais faire un tour au salon du livre de Montréal.

Si vous zoomez la photo, vous allez voir que la jeune fille lit Les Sept Jours du talion de mon ami Patrick Senécal...

Enfin, j'ai beau être revenu depuis 49 jours, je songe encore beaucoup à l'Amérique Latine, comme le prouvent quelques-unes des choses qui ornent mon bureau ou qui agrémentent quelques-unes de mes journées. Vous noterez que j'ai réussi à dénicher de l'Inca Kola à Montréal!

Hehehe... Comme le produit est distribué ici par Coca Cola, ça confirme ma petite théorie émise lors de mon dernier passage à Lima concernant la propriété d'Inca Kola.

Et la vie continue, et la neige tombe...

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