dimanche 24 août 2008

Le château de Chaumont-sur-Loire

Suite de mes visites de châteaux de la Loire, avec une visite pluvieuse au château de Chaumont-sur-Loire, un château dont j'ai parlé indirectement l'autre jour...
Si je mentionne la pluie, ce n'est que pour excuser le ciel neutre et blanc des photos qui accompagnent ce billet...
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C'est au 10e siècle qu'il faut chercher les origines de Chaumont-sur Loire, quand le compte de Blois d'alors fait ériger une forteresse pour se protèger des attaques du comptes d'Anjou.
Après maintes péripéties nous menant au 15e siècle, Louis XI fait brûler Chaumont en guise de représailles quand son propriétaire s'est allié à des révoltés contre son pouvoir royal.
Le château est donc reconstruit à partie de 1468... et en 1550, Catherine de Médicis saisi Chenonceau et "exile" Diane de Poitiers, alors ex-maîtresse de feu Henri II, à Chaumont.
Quelques siècles plus tard... Une riche héritière achète Chaumont et s'y installe avec son mari; ils poursuivent la construction, considérée inachevée, en ajoutant une aile sud, mais en démolissant l'aile nord pour ouvrir la "forteresse" vers la Loire et pouvoir profiter de la vue.
Un siècle et demi plus tard, l'Esprit Vagabond foule le sol du domaine et visite le château. Il en rapporte ces quelques clichés...
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Chaumont est un beau château, dont la visite est intéressante. Je disais l'autre jour qu'on pourrait presque verser une larme pour Diane de Poitiers, qui s'est vue forcée d'y vivre. C'était évidemment ironique, puisque même "petit", ces châteaux sont très luxueux et incroyablement vastes. Toutefois, il faut reconnaître qu'avec Chenonceau, Diane avait le plus charmant des châteaux de la Loire, même si à son époque, celui-ci n'était pas plus grand que Chaumont (le pont qu'elle y avait fait ajouté n'était pas encore recouvert de deux étages de galeries). Chaumont a beau être joli, il s'en dégage encore aujourd'hui, une impression de forteresse plus que de charmante demeure à la campagne.

Evidemment, un pont levis, menant du sentier à l'entrée, et permettant de passer les douves sèches, n'aide en rien à enlever cette impression de visiter une forteresse. Ceci est paradoxal, puisque le château actuel a été débuté en 1468, alors que l'ancienne forteresse avait été démolie. On imagine que la reconstruction s'est certainement inspirée de l'architecture originale de Chaumont.

Si l'intérieur est une suite de pièce devenue habituelle, l'intérêt se retrouve à la fois dans la chambre de Catherine de Médicis et celle de Diane de Poitiers (celle-ci n'ayant pas occupé la même chambre que Catherine après son exil à Chaumont). Diane a choisi une pièce plus petite pour s'installer, mais l'impression est plus chaleureuse que dans l'immense chambre qu'occupait Catherine.
Sur la photo ci-haut, par contre, nous sommes dans un grand salon décoré dans le style Louis XII (info notée sur place, je ne connais pas assez les époques quand on parle de mobilier, déjà que j'ai appelé gothique rayonnant le gothique flamboyant - Merci Daniel !). Ce salon date de 1850.
Plusieurs autres pièces du 19e siècles sont fort jolies; la bibliothèque, la salle de billard, la salle à manger... à un moment, on se croierait dans un jeu de Clue! [J'acuse Diane de Poitiers, avec le Chandelier dans la Salle des gardes!]

Le parc qui entoure Chaumont offre diverses attractions. La principale est la visite des écuries, qui sont parmi les plus luxueuses d'Europe, même si elles ne sont plus en usage officiel aujourd'hui. On y voit quelques stales, une salle de selles et plusieurs berlines et autres véhicules hippomobiles qui m'ont évidemment rappelé mes visites récentes des écuries de Buckingham à Londres, mais en plus humble et plus antique, bien sûr.

Il y a aussi une fermette, qui n'est pas sans rappeler le charme riche du hameau de Marie-Antoinette à Versailles - en un peu moins grandiose, il faut dire, mais tout de même.

Les divers édifices de cette ferme font partie d'un décor fort poétique, même sous la pluie.

Au fond du parc, on retrouve un cimetière d'animaux, principalement des sépultures de chiens, comme les deux de l'avant-plan de cette photo... Il y a toutefois des exceptions, comme la pierre tombale au fond (plus blanche), qui marque la sépulture d'un éléphant - qui aurait vécu 47 ans.

Et question de terminer ce billet sur une note animalière, j'enchaîne avec un chat, bien vivant celui-là, qui s'est avéré un collaborateur sympathique pour donner vie à cette fenêtre de l'édifice d'entrée sur le domaine de Chaumont-sur-Loire. Du coup, je l'ai baptisé Chatmont ;-)
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Note: Chaque château dans la région tente d'attirer plus de visiteurs en organisant diverses activités qui n'ont pas souvent rapport avec le château lui-même en tant qu'édifice. On se rappellera l'amusante exposition Tintin dans les sous-sol de Cheverny, par exemple. Il y a un spectacle son et lumières à Chambord et aussi à Blois, et pas plus tard qu'hier, je rapportais les montages peintures et machines dans le parc de Clos-Lucé.
Chaumont organise un festival de jardins annuel, dont les participants voient leurs réalisations "exposées" dans les (donc devenir partie intégrante des) jardins du château. Malheureusement pour ce visiteur-ci, il fallait acheter un billet à part pour cette expo. D'une part, j'y venais pour le château lui-même, et d'autre part, j'avais un autre château à visiter la même journée, et ce second château est justement celui qui est le plus reconnu pour la beauté de ses jardins dans toute la région. Donc... j'ai laissé tombé le festival en question.
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Autre note: Ce qui était par contre inclus dans le prix de la visite, c'était une exposition d'installations d'art contemporain ("arte povera", si vous voulez tout savoir), associant peinture, sculpture et architecture. J'ai visité l'ensemble de cette exposition temporaire de Chaumont. Première remarque: le plus grand avantage de cette exposition, c'est qu'elle m'a permis de voir plus de pièces du château, puisqu'elle est présentée dans une aile normalement fermée aux visiteurs. Hum. Toutefois, j'avoue que ce qui se trouvait dans les cuisines du 19e siècle au sous-sol m'a fait sourire - une foret de poteaux surmontés de cloches et de cordages, l'effet était réussi. Tout ceci pour dire que cette exposition m'a tout de même convaincu de ne payer aucun extra sur mon billet...
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